
L’expertise médicale est le moment le plus déterminant de votre indemnisation. C’est là que sont chiffrés vos préjudices, poste par poste, sur la base de la nomenclature Dintilhac. Une évaluation trop basse à ce moment fige votre indemnisation à un niveau très inférieur à vos droits. La règle absolue : ne jamais se rendre à une expertise sans être accompagné d’un médecin-conseil de victime et sans avocat en soutien. En tant qu’avocate à Grenoble, je mandate le médecin-conseil et prépare votre expertise.
Pourquoi l’expertise est capitale
L’expertise médicale détermine tous les postes de préjudices : DFP (déficit fonctionnel permanent) en pourcentage, DFT (déficit temporaire), SE (souffrances endurées cotées 1 à 7), préjudices esthétique et d’agrément, préjudices sexuel, professionnel, d’établissement. Chaque cotation se traduit en euros selon des barèmes. Une différence de 5% en DFP peut représenter des dizaines de milliers d’euros d’écart d’indemnisation.
Expertise amiable vs judiciaire
Expertise amiable : organisée par l’assureur, avec son médecin. Vous devez y être avec votre médecin-conseil. Elle est unilatérale et souvent minorante. Expertise judiciaire : ordonnée par le tribunal (JAF, TJ, TC en assises), avec un expert judiciaire inscrit sur la liste de la Cour d’appel. Plus objective mais aussi plus longue. Une expertise judiciaire peut être demandée après une expertise amiable insatisfaisante.
Rôle indispensable du médecin-conseil de victime
Le médecin-conseil de victime est un médecin spécialisé en évaluation du dommage corporel (souvent expert judiciaire lui aussi). Il défend UNIQUEMENT vos intérêts, contrairement au médecin de l’assureur. Il vérifie les évaluations, argumente pour une cotation supérieure, s’assure qu’aucun préjudice n’est oublié. Coût : 400-800 € par expertise, souvent remboursé en cas de succès. L’avocat le mandate.
Points de vigilance lors de l’expertise
Ne jamais minimiser ses douleurs, gênes, retentissements psychologiques. Détailler l’impact sur vie professionnelle, vie familiale, loisirs, sexualité. Apporter tous les documents médicaux (compte-rendu opératoire, IRM, ordonnances, arrêts de travail). Signaler les problèmes de santé annexes (dépression, insomnies) causés par l’accident. Ne pas signer le procès-verbal sans lecture attentive avec le médecin-conseil.
Contester le rapport d’expertise
Si le rapport est insatisfaisant, plusieurs recours. En expertise amiable : demande de nouvelle expertise contradictoire, ou saisine du tribunal pour expertise judiciaire. En expertise judiciaire : saisine du juge pour compléments ou nouvelle expertise, contestation dans les conclusions. L’avocat prépare l’argumentation technique pour contester les évaluations minorantes.
Coût et prise en charge
L’expertise amiable est prise en charge par l’assureur. L’expertise judiciaire est prise en charge par le tribunal (frais avancés par la partie demanderesse, remboursés au dépens en cas de succès). Le médecin-conseil de victime est à votre charge, mais son coût est intégré dans le calcul d’indemnisation. L’aide juridictionnelle peut couvrir tout ou partie. Voir les honoraires.
Questions fréquentes
Peut-on refuser une expertise médicale ?
Vous pouvez refuser une expertise unilatérale de l’assureur, mais il faut alors saisir le tribunal. Refuser une expertise judiciaire ordonnée par le juge est risqué.
L’expertise médicale est-elle payante ?
L’expertise elle-même est prise en charge (assureur en amiable, tribunal en judiciaire). Vous payez seulement le médecin-conseil qui vous accompagne.
Comment se déroule concrètement une expertise ?
Rendez-vous d’1-2h en cabinet médical, examen clinique, discussion sur les circonstances, conséquences, gênes. Rédaction ultérieure du rapport.
Prendre rendez-vous avec votre avocate à Grenoble
Un premier rendez-vous permet de faire le point sur votre situation et de définir la stratégie la plus adaptée. Le cabinet accepte les dossiers à l’aide juridictionnelle si vous en remplissez les conditions – consulter les honoraires.
Contactez le cabinet à Grenoble ou appelez le 04 58 00 54 56.
À propos de l’auteure
Violaine Détrie est avocate inscrite au barreau de Grenoble depuis le 1er janvier 2015 (prestation de serment du 9 décembre 2014). Titulaire d’un Master en droit privé de l’Université de Grenoble et du Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA), elle exerce en droit de la famille, droit des mineurs, droit pénal et indemnisation des victimes.
